Nouvelle-Calédonie, Grande Terre, Nouméa, Nickel

Nickel, Nouméa, Grande Terre

Nickel, Nouméa, Grande Terre

La Nouvelle-Calédonie détient 30 % des ressources en minerai de nickel, le reste est réparti dans le monde. La principale spécificité du marché du nickel réside dans sa grande concentration : sept sociétés multinationales fournissent plus des deux tiers des besoins mondiaux. Le reste est concentré dans les mains d’une trentaine d’entreprises de taille plus réduite. Cette concentration au niveau de la production se retrouve tout au long de la chaîne commerciale (extraction, concentration, traitement...). Elle traduit non pas la difficulté à produire ce métal mais la volatilité de son cours qui rend le retour sur investissement difficile à prévoir pour un non-spécialiste du nickel.

Les applications du nickel :

Alliages spéciaux : utilisé pur, le nickel entre dans l’élaboration de nombreux alliages spéciaux. Contenant du nickel, du chrome, du molybdène ou encore du cobalt, les superalliages par exemple présentent des performances remarquables en matière de résistance mécanique à haute température et de résistance à la corrosion. C’est ainsi que le nickel trouve des applications dans l’industrie aéronautique pour les turbines de réacteurs, les moteurs fusée... et dans la production d’énergie pour les générateurs de vapeur ou les turbines des centrales électriques. Allié à du cuivre cette fois, le nickel est régulièrement utilisé pour la fabrication de pièces particulièrement exposées à des agents corrosifs comme l’eau de mer, tandis qu’allié au fer il trouve des applications en électronique pour les circuits intégrés ou comme revêtement intérieur des cuves de transport de gaz. Allié au chrome ou au titane le nickel apporte aussi ses propriétés à de nombreux autres alliages spéciaux, tandis qu’avec le zinc et le cuivre il donne le maillechort utilisé pour les montures de lunettes, l’orfèvrerie ou la serrurerie. Enfin, le nickel pur est également utilisé en galvanoplastie pour le nickelage de surface de pièces métalliques qui sont ainsi protégées de la corrosion et gardent un aspect brillant. L’industrie automobile, celle des cycles ou des luminaires par exemple en font un gros usage de cette manière.

Acier inox : les ferronickels sont utilisés directement par la sidérurgie pour la fabrication d’aciers inoxydables au nickel. Selon leur destination, ces aciers inox contiennent de 8 à 10 % de nickel et peuvent pour certains usages industriels contenir également de 17 à 18 % de chrome et de 2 à 3 % de molybdène. Le solde étant du fer. Par laminage à chaud ou à froid, cet acier inox peut être proposé à l’industrie sous forme de produits plats, tôles ou feuillards, ou de produits longs, barres tubes, profilés, fils... On retrouve ensuite ces produits dans l’électroménager sous forme de tambours de machines à laver ou d’évier, transformés en ustensiles de cuisine, dans la chimie, la pétrochimie, l’industrie alimentaire, les transports et même en décoration, comme sur les façades des immeubles modernes. En règle générale il est fait appel à l’acier inox pour tout type d’objet exposé à des agents agressifs et que l’on souhaite voir résister à la corrosion tout en restant facile d’entretien pour en préserver l’hygiène.

Cobalt : les minerais de nickel calédoniens contiennent également, mais à bien plus faible teneur, du cobalt. La SLN en récupère une petite partie sous forme de chlorure, lors des opérations de raffinage de la matte produite à Doniambo, à l’usine Eramet de Sandouville. Ce chlorure de cobalt est utilisé dans la fabrication des pneumatiques, de colles pour le verre, de pigments pour les peintures, de siccatifs ou encore dans l’industrie chimique. L’usine de Goro Nickel doit, pour sa part, produire du cobalt a beaucoup plus grande échelle. Sous la forme de carbonate de cobalt ce sont en effet 5000 tonnes annuelles qui devraient être extraites des latérites du sud. Soit environ 20 % de l’offre mondiale actuelle. Se présentant sous la forme d’une poudre, ce carbonate de cobalt trouvera son utilisation dans les pigments pour peintures, mais surtout dans la fabrication de piles et de batteries pour la photo, la vidéo ou les téléphones portables.

Produits de la métallurgie du nickel : réputé pour sa résistance à la corrosion, ses qualités mécaniques et esthétiques, le nickel est utilisé à plus ou moins forte proportion dans une quantité d’alliages avec d’autres métaux auxquels il apporte l’ensemble de ses qualités. Actuellement, les minerais de nickel calédoniens sont traités par voie pyrométallurgique par la SLN qui produit du nickel métal sous deux formes : le ferronickel, qui représente 80 % de sa production, et la matte. Le projet Koniambo ne devrait, pour sa part, ne produire que des ferronickels tandis que l’usine de Goro Nickel produira des oxydes de nickel.

Ferronickel : produit à Doniambo, il se présente en grenaille contenant 27 % de nickel, le reste étant essentiellement du fer. Il est commercialisé sous cette forme directement auprès des sidérurgistes qui l’utilisent pour élaborer des aciers inoxydables à destination des industries chimiques, agroalimentaires, de biens d’équipements ou de décoration.

Matte : contenant 75 % de nickel, elle n’est pas utilisée telle quelle. Les lingots de matte produits à Nouméa sont expédiés à l’usine Eramet de Sandouville, en métropole. Cette matte y est raffinée jusqu’à l’obtention d’un nickel de haute pureté sous forme de petites plaquettes carrées, les cathodes, qui contiennent au minimum 99,97 % de nickel. C’est ce nickel quasiment pur qui est alors est utilisé pour la fabrication d’alliages spéciaux à très haute résistance ou pour le nickelage par galvanoplastie.

Oxyde de nickel : tel qu’il doit être produit par la voie de l’hydrométallurgie à l’usine de Goro Nickel, il contiendra de 70 à 80 % de nickel. Ce produit brut sera ensuite confié à des usines de transformation hors du territoire pour y être affiné et préparé sous différentes formes et produits adaptés aux besoins spécifiques des sidérurgistes.

Nouvelle-Calédonie - 2004